Blog de Thibaud Leplat, auteur en exil. Vous trouverez ici rassemblées mes publications diverses et quelques textes inédits.
Affichage des articles dont le libellé est france. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est france. Afficher tous les articles
lundi 29 juin 2015
jeudi 3 juillet 2014
Un match mémorable
Jeudi 3 juillet 2014
Quart de finale
Journée de repos
Qu’est-ce-qu’un match mémorable ? C’est une question à laquelle on ne pourra jamais répondre avant le coup de sifflet final. Un match n’est mémorable que si on est capable de s’en souvenir. Il va donc falloir faire un petit effort.
Il y a des gens qui, à l’heure de se planter devant leur téléviseur, s’installent devant un match comme ils ouvriraient un livre de cuisine. Ils examinent les compositions comme on détaillerait les ingrédients d’un navarin d’agneau ou d’un veau marengo. Du haut de leurs certitudes, ils nous signifient par leurs commentaires avisés qu’ils en savent beaucoup plus que nous en la matière. Pour eux la qualité d’un match tient dans une formule mathématique additionnant les joueurs ordinaires, soustrayant les quelques blessés et multipliant, par la grâce d’un coefficient uniquement connu d’eux, le résultat obtenu par le génie d’un ou deux protagonistes. Ils obtiennent alors un résultat qui leur permettra d’évaluer le taux de beauté à venir d’un match. Bien sûr, plus les joueurs seront réputés forts, plus le match sera beau. C’est mathématique. Ces gens, à la physionomie souvent arrondie, qui parlent la main droite dans la poche et la tête en arrière, aiment donner des notes à tout ce qu’ils voient. À leurs yeux d’experts de la chose, le football est l’activité humaine qui se rapproche le plus de la cuisine ou de la maçonnerie. Pour ces critiques dont le talent réside, à force de sentences et d’injonctions, dans l’absence totale de prudence à l’heure d’envisager une rencontre de coupe du monde, le football est toujours une excellente raison de parler souvent et, surtout, de ne jamais être ému.
Aux grands matchs, la patrie reconnaissante
Mais la grandeur d’un match ne tient pas dans un relevé de notes scolaires, dans une série de statistiques obscures ou dans uns suite de sentences irrévocables à l’encontre d’un latéral gauche «toujours aussi catastrophique» ou d’un arrière central qui «ne prend pas assez de risque dans ses relances» . À force de voir le football comme une suite de causalités mathématiques, de résultats qui prouveraient une chose et peut-être aussi son contraire, on finira peu à peu par ,nous aussi, nous transformer en machine à compter, à examiner, à mesurer. On arrivera même parfois à se figurer l’avenir et à pronostiquer tous les scores du monde. Nous irons encore plus vite que tous les ordinateurs. Le visionnage des matchs ne sera donc plus qu’une formalité dont la seule fonction sera de confirmer la grandeur de nos prophéties. Enfin, nous aurons supprimé le hasard et les circonstances. On aura mérité notre titre d’expert.
On en saura donc beaucoup sur comment on joue, sur comment on se déplace sur un terrain, sur combien de passes réussies, sur combien de kilomètres parcourus. On saura tout sur comment ils ont fait pour gagner, avec quelle stratégie ils ont percé les défenses, tous leurs résultats depuis 10 ans. Pourtant on ne saura toujours pas pourquoi on se souvient de ce match plutôt qu’un autre. On ne saura jamais pourquoi on pouvait être aussi désespéré pour un motif aussi futile. Nous ne saurons donc toujours pas ce qu’est un grand match, un match dont on se souvient, qui marquera notre façon d’être triste ou d’être heureux pour toutes les années à venir. On aura beau calculer, classer et découper tout en rondelles fines, depuis France-Allemagne 82, France-Brésil 86, France-Paraguay 98 ou France-Italie 2006, on ne pourra plus jamais vivre un match de coupe du monde de la même façon. La sensibilité aux joueurs agressifs, aux décisions injustes, aux buts qui n’en finissent pas d’arriver, aux coups de boules injustifiés, est d’autant plus aiguisée qu’elle a déjà été beaucoup sollicitée par le passé. Un grand match est d’abord une affaire de sensibilité. Comme l’amour, elle ne s’use que si on ne s’en sert pas. Et plus on l’exerce, plus elle s’aiguise.
Le degré de mémorabilité
Les seuls vrais critères acceptables qu’un match doit remplir pour avoir le droit de s’installer bien au chaud dans notre cortex, sont donc ceux de l’irrationnel. La mathématique et la cuisine n’ont rien à dire sur ce qu’il se passe en nous quand nous n’en pouvons plus d’attendre, quand nous sommes fatigués d’être aussi émus. Dans son Fever Pitch, Nick Hornby se pencha un jour sur la question. Il dressa ainsi sept critères à l’évaluation du degré de «mémorabilité» d’un match c’est à dire un match dont «on revienne bourdonnant de satisfaction». Pas un seul n’est rationnel et c’est peut-être bien pour cela qu’il a raison :
1. Des buts
2. Un arbitrage parfaitement scandaleux
3. Une foule bruyante
4. De la pluie, un terrain glissant (on accepte aussi le climat étouffant et l’humidité insupportable d’un match en pleine après-midi à Rio)
5. Un pénalty raté par l’adversaire
6. Un carton rouge donné à son adversaire
7. Quelques incidents «regrettables», désordres, bavures, avanies diverses
La victoire importe peu. Ce qui compte, c’est tout ce qui est invisible, toutes ces choses qui font qu’on en parlera encore dans dix ans. Lâchons donc nos carnets de notes, oublions un instant les recettes de cuisine et laissons nous aller à la sensibilité. Ce soir c’est France-Allemagne. Ce match sera peut-être mémorable. Ou non. Tout dépend de nous.
mercredi 2 juillet 2014
L’Allemagne en nous
Mercredi 2 juillet 2014
Journée de repos
France-Allemagne (Quart de finale)
Quelle drôle de façon de se souvenir. Avant de rencontrer l’Allemagne en quart de finale de Coupe du Monde, on ressasse 1982 et 1986. Pourquoi donc s’acharner à se souvenir autant ? Peut-être pour se convaincre qu’enfin, nous avons changé.
La France ne serait rien sans l’Allemagne. Elle ne serait qu’un accident dans l’histoire du Mondial, une espèce de Costa Rica des années 80 sans autre projet que celui de se glisser parmi les grands et de leur gratter le dos pour les forcer à se dépasser un peu. Sans l’Allemagne, la France serait devenue le Chili, une sorte de pays maudit que personne n’admire jamais, que personne ne soutient, mais qui de temps à autre commet un exploit admirable. Sans l’Allemagne personne n’aurait jamais compris ce que c’est que de passer toute une nuit à attendre, à souffrir, à être sur le point d’exulter. Sans l’Allemagne personne n’aurait jamais compris ce que c’est que d’être triste, insupportablement triste, pour un motif aussi futile et aussi grave à la fois. Deux fois de suite la France n’accèderait pas à la finale de la Coupe du Monde par leur faute, elle qui le méritait tant, elle qui avait réveillé l’amour du ballon dans les coeurs étrangers fatigués de l’Italie de Gentile, de l’Allemagne de Rummenigge. On raconte en Catalogne que durant la Coupe du Monde 1982 (celle de l’Espagne), le petit Pep Guardiola (11 ans) pleura lui aussi à chaudes larmes quand Bossis rata son pénalty et que la France fut éliminée. Des années plus tard il confessera que Platini était le plus grand, que c’était pour lui comme un hommage à son enfance s’il avait voulu rencontré Agnelli pour discuter un peu et peut-être jouer un jour à la Juve à son départ du Barça. Il irait finalement à Brescia, mais cette vocation de la France des années Platoche tournée vers le jeu et le ballon laissera des traces partout dans sa mémoire. Et c’était grâce à l’Allemagne.
Les romantiques français
L’Allemagne c’est la mémoire qui frétille à la moindre brise historique «la mémoire est un cache plus qu’un contenu, écrit Pierre Nora (Les lieux de mémoire), un enjeu toujours disponible, un ensemble de stratégies, un être-là qui vaut moins par ce qu’il est que parce que l’on en fait». De ce France-Allemagne de 1982, nos cerveaux en ont fait le plus grand lieu de mémoire du football français. À chaque rencontre contre l’Allemagne, on revoit, on repense, on ressasse. On leur en veut encore de cette remontée fantastique dans les prolongations, de ces manières de brutes, de ce football qui nous dégoûtait, de ce Schumacher qui brisa l’un des nôtres. À l’époque on haïssait la force. Les impacts ne nous intéressaient pas. Nous, on aimait le ballon, on le cajolait, on le respectait. En plein mondial 82, celui des tacles et des défenses impériales, notre football était le plus admiré de tous. Il y avait le Brésil de Zico et la France de Platini. Mais ces deux équipes avaient perdu. On les affubla alors de cet épithète qui, dans la bouche des ignorants, sonne comme une insulte. Nous étions des «romantiques» disaient-ils. Le Brésil ne s’en remettra jamais et renoncera à plaire pour toujours plutôt que de perdre à nouveau. Comme si traiter le ballon et le public avec révérence était une posture condamnée d’avance, qui n’apporterait qu’un plaisir passager, la France abandonna à son tour ses envies de beauté. L’Allemagne dans notre mémoire, c’est cette permanente allégorie de tout ce que nous ne sommes pas et que, secrètement, nous aimerions être de temps en temps. Être des ogres comme Littbarski, Rummenigge, Schumacher, avaler n’importe quel rival, ne plus s’embarrasser de vaines considérations esthétiques. L’Allemagne c’est tout ce qu’on se refusait à être.
Les romantiques allemands
Mais les choses ont changé. Le plus illustre admirateur de Platini vit désormais de l’autre côté du Rhin et entraîne depuis un an le Bayern Munich et donc, la moitié de l’équipe d’Allemagne. Le sélectionneur allemand est l’un de ses fidèles et porte des chemises élégantes, parle de beau jeu et de combinaisons au milieu de terrain. Le projet de Joachim Löw c’est d’être fier de «réveiller les sentiments, faire en sorte que les gens tombent amoureux de ton jeu». Löw se sent plus proche de la génération de 1972 celle de Beckenbauer, Netzer, Overath, Breitner, Hoeness, Mülller, celle qui aimait faire les élégants. Celle de nos fantômes à nous ne lui procura jamais aucune émotion «l’Allemagne est arrivée en finale en 1982 et 1986 mais sans jamais toucher les coeurs, c’était une évidence déjà à l’époque». La sélection allemande qu’il a dans ses mains ressemble à quelque chose qu’on connaît déjà mais qu’on a tâché d’oublier pour ne plus souffrir. Cet invraisemblable milieu de terrain remplis de taquineurs est émouvant tant il attire le ballon et les esthètes. Kroos, Götze, Özil et Müller sont les nouveaux Tigana, Giresse, Genghini et Platini. Depuis 1996, l’Allemagne n’a rien gagné d’autre que l’admiration et le respect de ceux qui pensent que le résultat le plus gratifiant n’est pas une coupe en laiton ou un trophée à accrocher à son contrat et à son maillot partout où on se déplace. La sélection qui gagnait à tout prix et qui poursuivait les enfants français jusque dans leurs cauchemars les plus secrets, décida un jour d’être aimée. C’est à croire que l’or ne fait pas toujours le bonheur.
Didier Deschamps mieux que Platini
En face d’eux pour cette demi-finale se dresse donc une montagne de complexes et de besoins de prouver au monde que la France aussi a «la gagne» dans le sang. Si elle a gagné en 1998 et en 2000 c’est parce qu’enfin, elle était devenue raisonnable et avait fait le choix du réalisme. Didier Deschamps était le nouveau sauveur il était ce «fin tacticien», ce «travailleur acharné», ce «combattant» dont la France avait besoin. Il avait une «méthode» dont il révélait quelques «secrets» au moment de se décanter pour Griezman ou Giroud. Si on voulait voir du beau jeu, nous avait-il un jour, on n’avait qu’à «aller voir jouer les vétérans !». Et tout le monde se marrait on nous montrant du doigt. Tout le monde ricanait en nous voyant trébucher. Mais bon sang, avant de devenir des machines à gagner, vous avez bien été des hommes, essayez de vous en souvenir. Qu’on nous dise ce que c’est que de jouer l’Allemagne «en touriste». Et si c’était cela justement qui nous manquait ? Cette faculté à s’émerveiller, à être prêt à traverser le monde juste pour le plaisir d’être ému par quelque chose d’inutile ? Qu’on arrête alors de pleurer en regardant Séville si c’est pour mieux se moquer ensuite du petit Valbuena (4 centimètres de plus que Giresse) et de toutes ces équipes si naïves qui pensent qu’on peut être heureux sans gagner à tous les coups. Pauvre Chili, pauvre Espagne, pauvre Italie, ils avaient fini par perdre, il nous l’avaient bien dit. Les pragmatiques avaient fini par avoir raison. Nous au moins, nous avions battu tous nos adversaires et étions qualifiés pour les quarts. Nous étions devenus l’Allemagne de 82.
http://www.sofoot.com/l-allemagne-en-nous-186327.html
Libellés :
Beckenbauer,
Breitner,
deschamps,
france,
giroud,
Götze,
Hoeness,
Kroos,
mondial 2014,
Mülller,
Netzer,
Overath,
Özil,
peuple de l'herbe,
pierre nora,
platini,
Sofoot
mardi 1 juillet 2014
Le style argentin
Mardi 1er juillet 2014
Argentine-Suisse (Huitième de finale)
Sao Paolo
Personne ne les aime, personne ne les admire. Leur huitième finale contre la Suisse ne méritait pas qu’on en fasse des favoris à la victoire finale. Mais les Argentins s’en fichent, ils sont déjà champions du monde. Du style.
Ils sont tricheurs, menteurs et truqueurs. Ils manquent de modestie, se croient faits d’une autre substance que tous les autres, racontent leur propre mythologie, ont leur propre Dieu et même le Pape leur appartient. Leurs équipes sont toujours remplies d’assassins ou de génies, parfois même les deux à la fois. Leurs joueurs ont les cheveux longs, un maillot rayé et cette façon irritante d’être champions du monde à tous les matchs. Tous les quatre ans, s’ils acceptent de participer à cette compétition, c’est pour défendre ce titre imaginaire et exiger que le reste du monde s’incline enfin devant leur drapeau. Depuis le début du mondial, ils sont 50.000 à suivre la sélection partout où elle voyage. Comme un grand frère taquin chanterait à un cadet capricieux, ils susurrent aux oreilles des brésiliens obsédés par leur mondial, leur jeu, leur Neymar et leur Pelé, un refrain obsédant «Brasil decime que se siente, tener en casa a tu papá, te juro que aunque pasen los años, nunca nos vamos a olvidar, que el Diego los gambeteó, que Cani los vacunó. Están llorando desde Italia hasta hoy. A Messi lo van a ver, la copa que va a traer, Maradona es más grande que Pelé» (Dis moi Brésil ce que qu’on ressent quand Papa est à la maison, je te jure que même si les années passent, nous n’oublierons jamais que Diego vous dribbla, que Cani vous vaccina. Vous pleurez depuis l’Italie. Vous verrez Messi, la coupe qu’il va ramener, Maradona est plus grand que Pelé). L’Argentine a le sens de la mémoire qui pique, du refrain qui coule.
Champions du monde
Alors bien sûr quand on pose la question au reste du monde, la réponse est inéluctable. Au début du Mondial, El Gráfico se délecta d’un sondage réalisé par le New York Times. Le quotidien s’était demandé quelles étaient les sélections les plus détestées du monde. L’Argentine se glissa en tête du terrible classement dans 19 pays aux côtés des Etats-Unis et de l’Iran. Le seul endroit au monde qui plaça l’Argentine favorite pour remporter ce trophée c’était donc... l’Argentine à 47%. Il y a quelque chose de bouleversant dans la solitude de cette Nation. Deux fois championne du monde, patrie des plus grands entraîneurs actuels (Pekerman, Bielsa, Menotti, Sampaoli, Simeone, Martino), terre de naissance du grand Diego, du petit Leo, elle ne bénéficie pourtant d’aucune forme de culte au-dehors de ses frontières. Imaginez un peu. L’Argentine est le seul pays au monde capable de remplir un palais des sports de 4000 personnes pour y venir écouter Pep Guardiola et Tata Martino parler de football en plein Mondial brésilien. Ils sont les seuls à les applaudir de cette façon, à les écouter avec autant de gourmandise. Quand le monde n’a d’yeux que pour Pelé, Garrincha, Neymar et tous les autres jaunes et verts, l’Argentine n’en a que pour le ballon et pour les mots qu’il leur inspire.
Viva el pueblo futbolero
«C’est impensable un Maradona japonais» dit un jour l’immense Menotti. C’est impensable d’imaginer l’amour du football, de ses émotions, de cette façon de transformer le moindre morveux en héros mythologique, la moindre déception en poème épique, sans l’Argentine. Il y a ceux qui prennent les matchs les uns après les autres, qui ne viennent pas au Brésil «en touriste», ne sont pas là pour «se la raconter», mais se verraient bien «aller au bout». Et puis il y a les Argentins et Alejandro Sabella. Hier soir, juste après ce but marqué au bout de la prolongation par Angel Di Maria sans brio ni génie, le sélectionneur albiceleste, soulagé, prit le temps d’expliquer au monde ce que c’est que d’être le responsable de cette équipe « ce fut l’un des matchs les plus stressants. En tant qu’entraîneur on est habitué à ce genre de match, mais durant le Mondial c’est différent, il faut représenter le pueblo futbolero (le peuple footeux, ndrl), des millions de personnes». Et alors Sabella, par la grâce d’une connexion mystérieuse entre son équipe de football et la musique de son peuple, se goûta de métaphore. « ne pas marquer, aller jusqu’aux penalties, comme cette chanson où les minutes passent mais ne reviendront jamais...» Ce match était comme la chanson de Carlos Gardel. C’était l’histoire de ces vieux amants qui se retrouvaient le temps d’une nuit au nom de leur jeunesse évaporée «les heures qui passent, ne reviennent jamais / et ma tendresse pourtant ainsi enlacée / est comme le fantôme du temps passé / qui jamais ne pourra ressusciter». Tango ou football, au fond, c’est pareil.
Angel Di Maria, l’Ange de Marie
Alors bien sûr que cet Argentine-Suisse ne ressemblait pas à grand chose. Il n’y eut peut-être que quelques dribbles à se mettre sous la dent, quelques actions et pas grand chose de brillant. Certes. Mais regardez bien. Il y eut du style dans cette façon de gagner le match sur le fil, de le célébrer en pleurant. «Argentiiiiiiina, su puta maaaaadre» cria le narrador Pablo Giralt à la radio. On devina des sanglot d’enfants quand il hurla juste après «un gol argentiiiiiiiino, un gol argentiiiiiiinooooo....». Cette prolongation n’était pas interminable. Au contraire, elle était beaucoup trop courte pour contenir tout le drame de ce match. Di Maria sauva l’Argentine d’un but miraculeux comme le Ciel eut envoyé un ange et enrayé le fusil devant le condamné. Il était l’allégorie du miracle argentin. L’oeil artistique de Sabella mit des mots sur cette sensation fabuleuse. Celui qui avait vu des occasions qu’il avait peur de regretter des années plus tard, changea donc Angel Di Maria en un personnage de folklore tanguero «plus les minutes s’écoulaient, plus Di Maria semblait courir vite, plus il semblait incisif». Et le conte philosophique de l’Argentine plus forte que le temps qui passe se termina par une tête suisse sur un poteau à quelques secondes de la fin. Dans cette intervention, la presse argentine reconnut immédiatement «Le poteau de Dieu». Dieu était donc bien argentin (et le Pape aussi).
http://www.sofoot.com/le-style-argentin-186271.html
http://www.sofoot.com/le-style-argentin-186271.html
Inscription à :
Articles (Atom)